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Read Your Photography | Ce que l’on aime, ce qui nous dérange | Focus #735

By cizucu · 6 septembre 2026

Série « Read Your Photography »
Read Your Photography | Ce que l’on aime, ce qui nous dérange | Focus #735

Cover photo by neo_gg

Read Your Photography | Ce que l’on aime, ce qui nous dérange | Focus #735

Cover photo by neo_gg

« Read Your Photography » porte son regard sur les « récits » qui se cachent derrière les photographies et que la seule contemplation ne suffit pas à révéler. À travers les œuvres réunies dans le cadre du photo poster project organisé par cizucu et sur les réseaux sociaux, le magazine cizucu traduit en 12 langues le contexte dans lequel chaque image est née ainsi que le temps singulier de son auteur, afin de les partager avec le monde entier.

Garder une histoire en soi est un choix. Pourtant, cette émotion pourrait toucher silencieusement quelqu’un et faire naître un émerveillement encore inconnu.

Nous vous présentons cette fois les œuvres de trois artistes venus du monde entier.
Entrons délicatement dans ces récits uniques.

L’histoire de 林大哀

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Photographie : 林大哀

林大哀

📚 01

C’était en 2007, lorsque j’étais à l’université. L’après-midi suivant une nuit blanche passée avec des amis, je me suis réveillé et j’ai aperçu ma chatte Xiaokui, assise près de la fenêtre.
Mais ce jour-là, elle ne regardait pas dehors comme à son habitude. Elle fixait intensément l’armoire. Sans savoir pourquoi, cette scène anodine m’a touché et j’ai instinctivement déclenché.
Juste après la prise de vue, elle a bondi sur le dessus de l’armoire.

Il ne s’était rien passé de particulier. Pour la personne que j’étais alors, ce n’était qu’un après-midi ordinaire. Pourtant, chaque fois que je triais mes photographies, celle-ci demeurait toujours auprès de moi.
Elle semble avoir conservé jusqu’à l’atmosphère de ces années universitaires : dormir jusqu’à l’après-midi, passer simplement du temps avec mes amis, sans être accaparé par le travail ni par les obligations du lendemain. Des journées libres, décousues, dont l’air même paraît subsister dans cette photographie.
Aujourd’hui, elle me révèle combien cet après-midi était précieux.

La rédaction de cizucu
La silhouette d’un chat assis près d’une fenêtre. Rien d’exceptionnel ne se déroule dans le cadre, seulement un instant de calme survenu au cœur du quotidien. Pourtant, lorsqu’on y revient après le passage du temps, cette photographie cesse d’être un simple document. Dormir jusqu’à l’après-midi, être avec ses amis, vivre sans trop penser au lendemain : la photographie restitue doucement jusqu’à l’atmosphère et aux émotions que l’on croyait oubliées. Une œuvre qui donne à ressentir cet étrange pouvoir de l’image photographique.

L’histoire de Shih Hsun Chao

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Photographie : Shih Hsun Chao

Shih Hsun Chao

📷 Canon EOS R1
📚 02

Je voulais photographier à Taipei un paysage un peu singulier. C’est avec cette intention que j’ai commencé à parcourir la ville.
Au fil des prises de vue, ce qui retenait mon regard s’est progressivement transformé : les choses isolées, à l’écart des gens ; celles qui changent de forme dans la ville et semblent vouées à disparaître un jour. Je me suis naturellement laissé attirer par de tels paysages.

Dans la zone panoramique de Bitan, à Xindian, où cette photographie a été réalisée, les pédalos en forme de cygne sont soulevés par une grue et mis à l’abri chaque fois qu’un typhon approche.
J’ai grandi ici et j’ai vu ce lieu aussi bien à son apogée que tout au long de sa lente transformation. C’est sans doute pour cela que ce pédalo suspendu dans les airs m’est apparu comme un être arraché à la surface de l’eau, son milieu naturel.

En réalité, ce n’est qu’un objet fabriqué. Et pourtant, sa silhouette avait quelque chose d’un être vivant, comme si elle formulait silencieusement une supplique.

La rédaction de cizucu
Un pédalo en forme de cygne, non pas posé sur l’eau, mais suspendu dans les airs. Cette scène légèrement insolite porte en elle le trouble silencieux propre aux choses soustraites à leur quotidien. Pour Shih Hsun Chao, ce paysage est familier depuis l’enfance. Voilà peut-être pourquoi la vision de ces embarcations mises à l’abri avant le typhon ne se réduit pas à une simple opération technique, mais se superpose aux mutations de la ville et à ses souvenirs. Hors de l’endroit auquel il appartient, un objet manufacturé en vient à ressembler à un être vivant. Cette photographie recueille la petite solitude enfouie au sein d’un paysage familier.

L’histoire de neo_gg

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Photographie : neo_gg

neo_gg

📷 Panasonic LUMIX G8
📚 03

Cette photographie représente le « lancer de l’éventail », une coutume propre aux mariages taïwanais.
Au moment de partir, la mariée jette un éventail par la fenêtre, geste qui symbolise l’abandon du passé et son engagement à devenir désormais une épouse bienveillante.

Les mariés sont des amis de longue date, et cette cérémonie fastueuse était aussi, d’une certaine façon, destinée aux aînés de leurs familles.
Après le travail, mes amis ont multiplié les préparatifs pendant plus de six mois.
En tant que garçon d’honneur, j’ai documenté ce mariage depuis une perspective délibérément subjective, partagé entre la colère, l’aversion et le désir de faire quelque chose pour mes amis.

Il faut dire que je suis mal à l’aise avec le « rituel » du mariage. Pourtant, il recelait indéniablement de belles choses : le lien qui unit les deux personnes, l’éclat du voile, ou encore la mariée s’efforçant de rester belle au milieu de l’agitation.

Je voulais tout documenter : ce qui me dérange autant que ce que j’aime. Ces photographies sont très subjectives et chargées d’émotion, mais c’était la seule chose que je pouvais faire. De toutes, celle-ci est la plus ironique, la plus intense émotionnellement et, pour moi, la plus chaleureuse. J’espère qu’elle plaira également aux mariés.

La rédaction de cizucu
Bien qu’elle ait été réalisée dans le cadre festif d’un mariage, cette photographie est traversée par une certaine tension. Une main tendue hors de la fenêtre, une bague, un éventail serré entre les doigts : cet instant semble enregistrer non seulement la beauté du rituel, mais aussi les émotions complexes de son auteur. Plutôt que de tenir à distance ce qu’il ne parvient pas à aimer, il choisit d’en observer à la fois la beauté et l’étrangeté. C’est ce regard qui confère à l’image toute son intensité sensible.

Pour conclure

Qu’avez-vous pensé de ces récits ?
Nous souhaitons porter notre attention sur ce que l’image seule ne suffit pas à raconter. « Read Your Photography » est une série qui explore les pensées et les émotions situées au-delà de la photographie, afin de les recevoir comme un récit à part entière.

Ce qui apparaît dans l’image ne dure qu’un instant. Mais derrière cet instant s’écoulent un temps bien réel et des émotions qui n’ont jamais trouvé leurs mots.

Nous vous invitons à les découvrir comme on lit une photographie et comme on tourne les pages d’un livre.

Comment participer

Sur le compte Threads de cizucu, un « thème photographique » est publié à l’improviste.
Il vous suffit d’y répondre avec « votre photographie » correspondant au thème.

Une seule condition pour participer : suivre les réseaux sociaux de cizucu 💙
Parmi les œuvres soumises,
les artistes sélectionnés recevront un message de la rédaction de cizucu !

cizucu sur Threads
cizucu sur Instagram

« Read Your Photography » présente également des œuvres exposées dans le cadre du photo poster project (ppp), organisé par cizucu.

Le ppp se déroule peut-être aussi dans votre pays. Partout dans le monde se multiplient aujourd’hui les rencontres rendues possibles par une passion commune : la photographie.

https://www.cizucu.com/projects

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