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photo poster project | Là où la photographie « demeure ». Le jour où les mots ont élargi le monde par Yui Nakamura | ISSUE #239

By cizucu · 25 juin 2026

Série « Histoires des créateurs exposants »
photo poster project | Là où la photographie « demeure ». Le jour où les mots ont élargi le monde par Yui Nakamura | ISSUE #239
photo poster project | Là où la photographie « demeure ». Le jour où les mots ont élargi le monde par Yui Nakamura | ISSUE #239

Le , exposition de photo posters organisée par cizucu à travers le monde, permet de participer simplement en choisissant une ville et une date.

Ce projet, que nous appelons ppp, n’est pas une simple exposition photographique. C’est une communauté où chacun peut partager son histoire en toute confiance, et une opportunité de se connecter dans le monde réel avec des créateurs du monde entier.

Pour cette édition, nous avons rencontré la créatrice Yui Nakamura, participante au .

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Yui Nakamura. Cette année, en avril, j’ai entamé ma deuxième année de vie professionnelle. À l’université, je participais à la création et à la vente de magazines destinés aux lycéens et étudiants.

J’ai toujours été attirée par la photographie, mais je gardais une certaine distance, pensant que c’était peut-être trop difficile ou que je n’étais pas faite pour cela. Mais en entrant dans la vie active, j’ai voulu me confronter à ce que j’aimais et à ce que j’avais abandonné par le passé, et j’ai commencé la photographie.

Portfolio de Yui Nakamura

Qu’est-ce qui vous a motivée à participer ?

J’avais déjà participé à une édition spéciale de organisée à Yokohama. À ce moment-là, il n’y avait pas de temps dédié au gallery talk, et je n’ai pas eu l’occasion d’exprimer mes photographies avec mes propres mots ni d’écouter ceux des autres.

C’est pourquoi, cette fois, j’ai été attirée par l’idée de « pouvoir parler de la photographie avec des mots, en direct », et j’ai décidé de participer.

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Qu’avez-vous ressenti en participant ?

Voir mes photographies imprimées et exposées dans l’espace m’a d’abord procuré une sensation étrange. Ce n’était plus tout à fait la même chose que de les voir sur mon smartphone ; elles semblaient déjà différentes.

Ce qui m’a particulièrement marquée, c’est le moment où quelqu’un s’arrêtait pour contempler longuement mon œuvre. Une image qui, sur un écran, défilerait rapidement, « demeure » dans l’exposition, et cela m’a paru très nouveau.

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Lors du gallery talk, même si le temps était court, j’ai eu l’occasion de mettre des mots sur mes photographies et de les partager. Jusqu’à présent, il m’arrivait rarement d’expliquer mes œuvres à quelqu’un, alors j’ai été heureuse d’être écoutée.
En même temps, en écoutant les gallery talks des autres exposant·e·s, j’ai été surprise de voir à quel point une même scène pouvait être perçue différemment selon la personne. Découvrir les contextes et points de vue qui ne transparaissent pas dans la simple observation de la photographie m’a donné l’impression de toucher un peu au monde de l’autre.

Il y a des choses que l’on ne réalise qu’en les verbalisant, et d’autres que les mots ne peuvent saisir. Ce fut un moment où j’ai pu approcher ces deux dimensions entre la photographie et l’humain.

Pourquoi avoir choisi cette image en particulier ?

C’est une photographie prise aux abords de la plage d’Isshiki.

En marchant sans but précis depuis la gare de Zushi, je me suis retrouvée à déambuler pendant cinq heures. Au fil de la promenade, j’ai croisé des gens qui se baladaient, d’autres qui contemplaient simplement la mer, chacun vivant le cours de son quotidien.

Pour moi, c’était un petit voyage de trois heures depuis chez moi. Mais pour les habitants, la mer n’est pas une destination de voyage, elle fait partie de leur quotidien. Cette superposition des temporalités m’a profondément marquée.

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Œuvre exposée lors de cette édition

Je prends souvent mon appareil lorsque je veux capturer un instant devant moi ou lorsque mon esprit a besoin d’être clarifié. Le temps passé à photographier, ou juste après, m’apporte parfois un sentiment d’apaisement.

Lors des échanges, j’ai aussi trouvé des points communs avec d’autres exposant·e·s en discutant de « quand nous prenons des photos ». Cela m’a également marquée.

À ceux qui hésitent à participer au photo poster project

J’ai découvert de nombreuses choses que je n’aurais pas pu percevoir en me contentant de photographier seule.
Mettre en mots sa propre vision du monde, et découvrir celle des autres à travers la photographie et les mots. Dans cet aller-retour, j’ai eu l’impression que mon regard sur le monde s’était élargi.

Au-delà des likes et des impressions sur les réseaux sociaux, le ppp permet de se concentrer sur la photographie elle-même et d’en parler avec sincérité, ce qui en fait tout son attrait.

À ceux qui hésitent, sachez qu’il n’est pas nécessaire d’avoir une œuvre « aboutie ». Osez sortir de votre cadre habituel : le paysage que vous verrez pourrait s’en trouver transformé.
Ce fut une expérience qui m’a donné envie de participer à nouveau.

Prochaines expositions à Tokyo
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