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Explorer les spots photographiques d’Okutama avec umai_gohan | ISSUE #236

By umai_gohan · 19 juin 2026

Série « Voyage photographique »
Explorer les spots photographiques d’Okutama avec umai_gohan | ISSUE #236

Cover photo by umai_gohan

Explorer les spots photographiques d’Okutama avec umai_gohan | ISSUE #236

Cover photo by umai_gohan

Pour cette édition, nous avons demandé à umai_gohan, créateur cizucu qui capture les cultures et identités du monde entier, de partager ses spots photographiques favoris à Okutama, Tokyo.

Okutama s’étend au-delà des crêtes montagneuses, dévoilant des paysages qui font douter que l’on se trouve encore à Tokyo. Ici subsistent à la fois les traces du développement de l’ère de la haute croissance et la quiétude contemporaine, coexistant sur un même territoire.

Dans cet Okutama où l’on ressent un « décalage temporel », les lieux sélectionnés par umai_gohan sont autant d’espaces où l’on perçoit les contours du temps inscrit dans la terre.

Pourquoi avoir choisi la région d’Okutama ?

Située à l’ouest de Tokyo, Okutama s’est éloignée de l’image lumineuse et animée que l’on associe habituellement aux « destinations touristiques ». Durant la période de forte croissance, elle était un centre de loisirs très fréquenté, mais avec l’évolution des modes de vie et des déplacements, certaines infrastructures et paysages qui faisaient vibrer l’époque ont été laissés à l’abandon.

J’ai voulu explorer la « mémoire » de ces paysages délaissés et c’est ce qui m’a amené dans cette région. En quittant le centre-ville, il suffit d’environ une heure de route à travers les crêtes pour ressentir l’air se purifier et la profondeur du paysage s’accentuer à chaque virage.

La succession de panoramas et de routes sinueuses qui donnent l’impression de ne plus être à Tokyo, où la quiétude actuelle se superpose aux vestiges d’une effervescence passée, constitue selon moi tout le charme d’Okutama.

1. Structures abandonnées

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Photo par umai_gohan

Surplombant le lac Okutama depuis les interstices des montagnes, subsistent les vestiges de l’animation d’autrefois. Les structures désormais immobiles semblent suspendues dans le temps, plus abandonnées que simplement désaffectées.

Même privées de leur fonction mécanique, leur simple présence devient une information sur ce lieu. En imaginant les pas et la présence des gens d’alors, lever les yeux vers la gare silencieuse et froide fait émerger soudainement les contours du temps dans le paysage.

Conseils de prise de vue

Plutôt que d’isoler uniquement le bâtiment, j’ai cherché à faire ressentir la « distance » entre la verdure et les structures environnantes dans le cadre. Au lieu de choisir un sujet principal et de s’en approcher, j’ai volontairement pris du recul pour trouver un équilibre où l’artifice semble abandonné au sein de la nature.

En laissant de l’espace sur les bords de l’image et en intégrant la quantité de vert ou l’ouverture du ciel, j’ai voulu transmettre la quiétude et la fraîcheur de l’air. J’ai aussi cherché à capter les points de rencontre entre les lignes droites des structures et les lignes organiques de l’environnement, pour rendre perceptible visuellement le décalage temporel.

2. Traces du développement

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Photo par umai_gohan

La construction du lac Okutama a transformé cette zone, où la vie humaine était autrefois bien présente. Les bâtiments et structures qui subsistent aujourd’hui, bien qu’ils aient soutenu le quotidien de quelqu’un, ont vu leur fonction s’éteindre, ne laissant que des traces discrètement fondues dans la montagne.

Ce qui s’offre à nous n’est pas tant une « relique du passé » qu’un paysage dont le temps s’est interrompu. La distance entre les bâtiments, la montagne et le ciel m’a semblé étrangement nette, comme si cette rupture se manifestait à travers la lumière et l’air.

Conseils de prise de vue

Pour transmettre la quiétude ambiante et l’épaisseur de l’air, j’ai composé mes images sans trop mettre en avant les bâtiments, en intégrant les crêtes des montagnes et l’ouverture du ciel en arrière-plan.

Plutôt que de souligner l’aspect « ruine », je voulais conserver cette sensation de normalité, comme si ces éléments faisaient désormais partie intégrante du paysage naturel.

3. Mémoires dispersées

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Photo par umai_gohan

Des traces d’anciennes routes ou de petits accès menant dans la montagne subsistent encore ici et là. Ces fragments, si discrets qu’on les manquerait en voiture, semblent éparpillés comme des éclats de mémoire.

Cette session photo n’a pas été une course vers une destination précise, mais plutôt un déplacement ponctué d’arrêts, guidé par les présences diffuses rencontrées en chemin.

Rien ne semble se passer, et pourtant, cette absence d’événement devient en soi une information sur le lieu.

Conseils de prise de vue

Plutôt que de « chercher et photographier » des lieux connus, je me suis arrêté là où une sensation d’étrangeté surgissait en chemin, variant légèrement la hauteur du regard et la position pour chaque prise.

Il ne s’agissait pas tant de partir à la recherche de traces, mais de ralentir pour ne pas manquer les détails, et de capter les petites variations du paysage.

4. Relier les fragments

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Photo par umai_gohan

Ce qui se révèle à Okutama, ce n’est pas tant un « paysage achevé » qu’une succession de fragments disséminés au fil du déplacement. Par exemple, l’ombre d’une glissière qui surgit après un virage, une coupe de béton au bord de la route, ou le reflet de l’eau aperçu fugitivement entre les branches. Ces éléments mineurs se répètent et se transforment peu à peu dans un même rythme.

Une ambiguïté persiste, comme un ordre en voie de dissolution, et seul un sentiment diffus d’étrangeté s’accumule silencieusement. Relier les fragments, c’est un peu recomposer ces éclats en un « paysage » cohérent.

Lors de cette session, j’ai privilégié la continuité du « flux du déplacement » à la recherche de la perfection de chaque image. Dès qu’une lumière ou une forme attirait mon attention, je m’arrêtais pour saisir quelques clichés rapidement, tant que la lumière persistait dans la même direction.

Dans ma démarche, je cherchais à capter consciemment des éléments similaires (lignes droites, ombres, reflets, etc.), en variant l’angle et la distance pour créer une « continuité » visuelle. Les lignes reliant ces points ne figurent pas sur la carte, mais elles subsistent dans ma mémoire et celle de mon appareil.


Qu’en avez-vous pensé ?

Photographier à Okutama, c’est moins « chercher un sujet » que « ne pas passer à côté ». La distance entre artifice, montagne et ciel, la densité des traces dans la quiétude : le temps passé à capter ces présences éparses devient lui-même photographie.

N’hésitez pas à visiter les spots recommandés par umai_gohan et à ressentir par vous-même les « contours du temps » d’Okutama.

Information
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umai_gohan

Photographie principalement des ruines, des scènes urbaines et des zoos. Privilégie la composition par soustraction et la capture de la « densité du temps » à travers des décisions instantanées, en s’appuyant sur des objectifs à focale fixe. Son équipement est choisi de manière sélective, adapté à chaque intention.

cizucu : umai_gohan
Threads : @umai_gohan___

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