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6 questions à Lucho Dávila, créateur à suivre au Royaume-Uni | ISSUE #194

By cizucu · 3 avril 2026

6 questions à Lucho Dávila, créateur à suivre au Royaume-Uni | ISSUE #194

©︎ Lucho Dávila

6 questions à Lucho Dávila, créateur à suivre au Royaume-Uni | ISSUE #194

©︎ Lucho Dávila

À l'occasion du lancement du 〈photo poster project〉 à Londres, nous avons posé « 6 questions » à Lucho Dávila, créateur actif au Royaume-Uni, afin de plonger dans ses réflexions et les origines de sa création.

Il participera également à cette première édition britannique du ppp, qui aura lieu à la Batsford Gallery les 11 (samedi) et 12 (dimanche) avril. L'appel à participation est déjà ouvert et les inscriptions se clôtureront bientôt.

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By cizucu

Lucho Dávila

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Lucho Dávila

Photographe équatorien-espagnol basé entre Londres et Paris. Nylon Magazine le décrit comme « une entité fusionnelle projetant force et vision plurielle ». Sa série en cours, « Fanesca », explore le syncrétisme culturel à travers le folklore latino-américain et la mode. Cette œuvre a reçu l'Ilford Analogue Grant, a été lauréate du Portrait of Britain et finaliste des Sony World Photography Awards. Titulaire d'un master (MA) du London College of Fashion (UAL), il y enseigne également. Son travail a été présenté dans Vogue, Harper’s Bazaar, Forbes, Metal Magazine, entre autres.

Instagram : @iamtrece

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©︎ Lucho Dávila

Q1. Pourquoi aimez-vous la photographie ?

J’aime la photographie parce qu’elle permet de façonner la réalité à travers la lumière. J’ai grandi en Équateur, où la lumière est forte et dure la majeure partie de l’année ; même si je n’en avais pas conscience à l’époque, cela a affûté mon regard très tôt.

Mais c’est à 17 ans, lors d’un séjour au Japon, que j’ai véritablement pris conscience de ma passion. En prenant le train l’été et en observant la lumière estivale filtrant par la fenêtre, j’ai réalisé qu’un simple changement de lumière pouvait tout transformer.

Depuis, la photographie est devenue pour moi la manière la plus claire de « penser ». Mon principal outil est la lumière, mais mon objectif est toujours de créer des images porteuses de sens et de magie. Je suis attiré par des expressions inspirées du surréalisme et du folklore. L’actualité et le quotidien regorgent déjà d’images puissantes et dures. Je ne souhaite pas simplement reproduire ce que je vois chaque jour. Pour moi, la photographie est un moyen de partager le réalisme magique latino-américain avec le spectateur.

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©︎ Lucho Dávila

Q2. Quelles transformations avez-vous vécues depuis que vous pratiquez la photographie ?

Au fil des années, j’ai grandi en tant que personne et en tant qu’artiste. La photographie a affûté mon regard, mais aussi ma pensée. Plus j’ai étudié l’histoire, le cinéma, la création d’images et d’autres artistes, plus mon langage visuel a évolué, modifiant ainsi ma perception du monde qui m’entoure. Toutes les références et influences que j’ai assimilées ont transformé ma façon de voir, de remarquer et de choisir ce que je souhaite transmettre.

L’évolution du secteur m’a également transformé. Les commandes, les délais, le travail en équipe et la nécessité de répondre aux attentes exigent une approche plus intentionnelle et disciplinée. J’ai appris à décider plus vite, à expliquer mes choix et à affiner mon œil esthétique.

En y repensant, je ne suis plus le même photographe qu’à mes débuts avec un appareil de 5 mégapixels. Mon travail actuel est bien plus conscient. Je réfléchis désormais plus profondément à la signification et au contexte des images que je crée.

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©︎ Lucho Dávila

Q3. Selon vous, quelle est la signification de la photographie à l’ère de l’IA ?

Dans un monde où les images sont produites en masse et où la créativité se réduit à l’imitation d’idées existantes, la photographie retrouve sa dimension d’« artisanat » — une alchimie de technique et de pensée.
J’ai toujours considéré la photographie comme un « outil », et que l’essentiel réside dans l’idée qui la sous-tend. L’IA l’a confirmé : même si tout le monde a accès gratuitement aux mêmes outils, le résultat n’est pas le même pour tous. Ce constat n’a pas diminué la valeur de la véritable créativité, il l’a au contraire renforcée.

La technique peut être reproduite. Mais un regard authentique, lui, ne l’est pas.

À notre époque, ce n’est plus l’appareil photo qui compte, mais ce que vous cherchez à exprimer. C’est plus important que jamais.

Q4. Que souhaitez-vous transmettre à travers la photographie ?

À travers mon travail, je m’interroge sur mes origines et ma trajectoire. Ma série en cours, « Fanesca », part de mes racines — à la fois espagnoles et équatoriennes — pour explorer comment les influences extérieures agissent sur des cultures qui n’avaient pas vocation à être façonnées ainsi, et comment, malgré tout, les gens s’approprient des expressions qui ne leur étaient pas initialement destinées.

« Fanesca » célèbre ce syncrétisme culturel à travers le prisme du réalisme magique. L’Amérique latine est un lieu où des éléments disparates se mêlent de façon inattendue, donnant naissance à une richesse et une beauté surprenantes.

Par cette œuvre, je souhaite faire rayonner ma culture dans le monde, tout en me rappelant la chance que j’ai d’être latino.

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©︎ Lucho Dávila

Q5. Quelle est votre principale source de motivation pour continuer à créer ?

L’Amérique latine possède une histoire d’une richesse et d’une complexité extraordinaires. Cela peut sembler écrasant au début, mais dès que l’on commence à la comprendre, elle devient très accessible. Ce qui me motive, c’est le désir d’en apprendre toujours plus sur ce passé, et de traduire mes découvertes en images. Il y a toujours des histoires, des personnages, des traditions encore inexplorés. C’est ce sentiment d’inépuisable qui me pousse à continuer.

Q6. Pourquoi participez-vous au ppp ?

C’est l’invitation de cizucu qui m’a décidé à rejoindre le ppp. Le concept de partager mes œuvres imprimées dans l’espace public m’a immédiatement séduit.

Je suis sincèrement ravi de participer à ce projet, et j’ai hâte de contribuer à cette initiative qui relie les photographes entre eux et favorise la rencontre directe avec un nouveau public.

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©︎ Lucho Dávila

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