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Hiro raconte | Fascination pour une technique photographique centenaire | Plaques de verre | Knowledge #457

By ヒロ · 5 avril 2026

Série « Mon appareil photo et moi »
Hiro raconte | Fascination pour une technique photographique centenaire | Plaques de verre | Knowledge #457

Cover photo by ヒロ

Hiro raconte | Fascination pour une technique photographique centenaire | Plaques de verre | Knowledge #457

Cover photo by ヒロ

Des créateurs passionnés de photographie partagent leur histoire avec leur appareil photo. L’« appareil de prédilection » reflète la vision et les valeurs de chacun. Dans ce numéro, nous rencontrons Hiro, fasciné par les appareils photo et les techniques photographiques d’il y a plus de cent ans.

À l’heure où les appareils photo numériques atteignent des sommets de performance et permettent de poursuivre l’image idéale jusque dans la postproduction, Hiro est attiré par un rapport au temps photographique où l’on ne peut revenir en arrière. Charger une plaque de verre dans l’obscurité, lire la lumière, attendre patiemment devant une imposante chambre photographique en bois. Cette contrainte n’est pas une simple nostalgie, mais une forme de richesse qui permet d’entrer en dialogue profond avec le monde.

Nous nous approchons ici de la fascination pour la photographie en tant qu’objet, telle qu’elle se révèle sur la surface d’une plaque de verre.

Qu’est-ce qu’une plaque de verre sèche ?

La « plaque de verre sèche » est un support photosensible constitué d’une plaque de verre recouverte d’une émulsion de gélatine, une technique photographique qui s’est répandue à la fin du XIXe siècle. Comme la plaque est préparée à sec, il n’est plus nécessaire, contrairement au procédé au collodion humide, de réaliser sur place les opérations complexes juste avant ou après la prise de vue. Ce fut un tournant majeur, car les photographes pouvaient désormais s’éloigner de la chambre noire pour réaliser leurs prises de vue. George Eastman a également joué un rôle clé dans l’histoire de la photographie en rendant les plaques sèches plus abordables et accessibles.

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Photo par ヒロ

La lumière gravée dans le verre, une fascination pour la profondeur

Cette photographie semblait posséder une profondeur étrange, comme si la lumière était gravée directement à la surface du verre.
Une image qui existe en tant qu’objet, impossible à ressentir à travers un écran numérique.
Ce qui m’a fasciné, c’est l’univers des plaques de verre sèches, une technique centenaire.

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Photo par ヒロ
L’épaisseur du moment, transmise par l’image fixée sur le verre

J’ai commencé la photographie bien après la démocratisation des appareils numériques, lors du séisme de Kumamoto. C’est alors que j’ai retrouvé l’OLYMPUS OM-1 que ma mère affectionnait autrefois.

J’ai été profondément ému de constater qu’une machine vieille de plus de quarante ans pouvait reprendre vie et fonctionner, à condition d’en prendre soin. C’est ainsi que j’ai entamé un voyage à rebours dans le temps, appareil après appareil.

Des appareils et pellicules variés, jusqu’à remonter à une imposante chambre photographique en bois et à la lourde plaque de verre sèche d’il y a plus de cent ans.

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Photo par ヒロ

Nous vivons une époque formidable où, grâce à d’excellents capteurs et à la sophistication du développement RAW, il est possible de poursuivre l’expression idéale jusque dans les moindres détails après la prise de vue.

J’apprécie moi-même la richesse et le plaisir des expérimentations numériques, mais c’est précisément pour cela que je ressens dans la « contrainte » imposée par la photographie sur plaque sèche une forme de luxe irrésistible.

La préparation d’une prise de vue sur plaque sèche commence dans l’obscurité.
Dans une pièce plongée dans le noir, à la lueur d’une lampe inactinique, j’insère la plaque de verre non exposée dans le châssis. À ce moment-là, je me demande, le cœur battant : « Quelle lumière vais-je confier à cette image unique ? »
Tenir dans ses mains une plaque vierge, imaginer les sujets à venir, l’atmosphère à saisir… Ces quelques minutes sont pour moi un rituel irremplaçable.

Une fois sur le lieu de prise de vue, il n’y a plus de retour possible.
Installer le matériel imposant, lire la lumière de ses propres yeux, prêter attention au moindre mouvement des nuages, mobiliser toute sa concentration. Pour déclencher l’obturateur, je consacre parfois trente minutes, voire une heure.

Cette tension du « coup unique, sans possibilité de recommencer » rend la perception du monde d’autant plus intense.

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Photo par ヒロ
Le retour en chambre noire après la prise de vue est aussi un moment à part. 

Sous la lumière rouge, l’image latente et même la température ou les couleurs, invisibles à la prise de vue, émergent peu à peu de la plaque plongée dans le révélateur.

Il arrive que des imprévus surviennent, mais même ces incertitudes deviennent la preuve tangible de « cet instant, à cet endroit ».

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Photo par ヒロ
En photographiant un sanctuaire en ville, des motifs mystérieux sont apparus, comme pour en révéler la magie

Ce que m’enseigne un appareil photo centenaire, c’est la richesse d’un temps consacré à une véritable rencontre avec le monde, au-delà de toute recherche d’efficacité.

En renonçant à la facilité, en ressentant le poids du verre au bout des doigts, on fixe la lumière en tant que « matière ».
Et si vous goûtiez, vous aussi, à cette expérience exigeante mais infiniment précieuse ?

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Photo par ヒロ

Information
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ヒロ

Photographe basé à Fukuoka. Après avoir reçu en héritage l’OM-1 de sa mère, il s’est lancé dans une quête des origines de la photographie. Aujourd’hui, il poursuit la « fixation de la mémoire » en gravant la lumière sur des plaques de verre à l’aide d’appareils anciens et de techniques d’époque, datant de plus de cent ans. Il partage la fascination des plaques sèches à travers ses prises de vue dans toute la région de Fukuoka.

cizucu : ヒロ
Instagram : @hiro_kanpan

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