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photo poster project | Le jour où la photographie a relié les personnes au-delà de l’écran par Mildlywildthings | ISSUE #185

By cizucu ·

photo poster project | Le jour où la photographie a relié les personnes au-delà de l’écran par Mildlywildthings | ISSUE #185

Le photo poster project, organisé par cizucu à travers le monde, permet de participer à une exposition de photo posters simplement en soumettant ses photographies sur cizucu, et d’y rencontrer de nouveaux amis photographes.

Pour cette édition, nous avons recueilli le témoignage de la créatrice Mildlywildthings, participante au photo poster project.

Pouvez-vous vous présenter ?

Bonjour. Je suis Kei Chan, photographe amateur basée à Singapour. J’ai commencé la photographie en 2020, mais c’est à partir de 2024 que j’ai commencé à m’y consacrer sérieusement. Pour moi, qui suis de nature introvertie, la photographie est devenue un moyen naturel de m’exprimer, sans mots, de façon silencieuse et sincère.

La plupart de mes œuvres sont influencées par mon quotidien. Je suis attirée par ces instants fugaces ou ces lieux familiers que l’on a tendance à négliger dans le tumulte du quotidien, ainsi que par les émotions qui surgissent spontanément. Pour moi, la photographie, c’est l’observation et la présence. C’est s’arrêter, regarder vraiment, et trouver du réconfort dans l’ordinaire.

Cette perspective se reflète aussi dans mon nom d’artiste, mildlywildthings. Étant naturellement calme, sortir de ma zone de confort, partir à la découverte et créer, c’est déjà en soi une forme d’« aventure » pour moi. À travers mes images, j’aimerais partager cette quiétude. Et si quelqu’un pouvait se rappeler que même les moments les plus banals recèlent beauté, sens et joie, cela me rendrait heureuse.

Qu’est-ce qui vous a motivée à participer ?

Cette exposition a été ma première expérience de présentation de mes œuvres dans un « espace réel ». Jusqu’à présent, la plupart de mes créations se déroulaient en ligne, mais le lien à travers l’écran ne me suffisait pas. Plus je rencontrais et échangeais avec des personnes partageant les mêmes intérêts, plus je ressentais qu’une relation ne s’accomplit vraiment que lorsque l’on voit le visage de l’autre, au-delà des noms et des mots.

Le photo poster project de cizucu n’est pas seulement un lieu d’exposition, c’est un espace où les créateurs peuvent se rassembler, partager et tisser des liens en tant que communauté. Pour moi, de nature réservée, participer était déjà un petit défi. C’est justement pour cela que j’ai voulu me plonger dans un espace physique, rencontrer d’autres passionnés de photographie, croiser nos regards et expérimenter la photographie au-delà de l’écran.

Mais surtout, je voulais comprendre ce que la photographie signifie pour chacun. Comment les autres voient, ressentent et condensent tout cela dans une image. Cette exposition a marqué une étape importante pour moi, tout en étant un premier pas vers des relations plus humaines et chaleureuses à travers la photographie.

Qu’avez-vous ressenti en participant ?

L’expérience a largement dépassé mes attentes, à bien des égards. L’équipe organisatrice a su rassembler des créateurs très divers dans une atmosphère chaleureuse et conviviale, sans aucune rigidité ni formalisme. Grâce à cela, j’ai pu partager naturellement l’histoire derrière mes photographies, sans pression ni nervosité.

Ce qui m’a particulièrement marquée, c’est de découvrir qu’il y avait autant de créateurs dans ma région. Ce sont des personnes que je n’aurais probablement jamais rencontrées dans ma vie quotidienne. J’ai ressenti une grande fierté et une profonde satisfaction, difficile à exprimer avec des mots. Jamais je n’aurais imaginé voir mes photographies exposées sous forme de posters dans l’espace d’une galerie.

Les échanges lors du gallery talk étaient très fluides, chacun disposait d’un vrai temps de parole, et c’était enrichissant de découvrir les œuvres à travers le regard des autres. Ce n’était pas tant une « présentation » qu’un moment de partage et de compréhension mutuelle.

À la fin de l’exposition, voir les membres de l’équipe emballer soigneusement les posters, leurs visages rayonnant de plaisir, m’a fait prendre conscience de l’attention portée à chaque détail. Enfin, je tiens à remercier sincèrement tous les créateurs qui ont écouté mon histoire. Le fait d’avoir pu découvrir leurs œuvres et partager ce moment ensemble a été pour moi une source d’inspiration et d’encouragement.

Pourquoi avoir choisi cette image ?

J’ai choisi cette image parce qu’elle reflète ma « vision naturelle » du monde, ce regard posé et apaisé que j’ai tendance à adopter. Sous une canopée d’un vert profond, une personne se tient debout, à moitié dissimulée par la nature. Il n’y a rien de dramatique, seulement du calme, une sensation d’échelle et une atmosphère.

Ce qui m’a attirée, c’est le contraste entre la présence humaine et l’immensité de la nature. La personne paraît minuscule, presque placée là intentionnellement. J’y ai vu une métaphore de notre place dans la vie : on est bien là, mais pas toujours au centre. Le parapluie, à la fois frontière physique et émotionnelle, évoque pour moi la protection et l’introspection.

Œuvre exposée lors de cette édition

Cette photographie résonne profondément avec ma personnalité. Je suis davantage attirée par les moments où le silence est plus éloquent que le mouvement, où la signification réside dans la simple présence plutôt que dans le spectaculaire. Le vert éclatant qui enveloppe le sujet n’accentue pas la solitude, mais crée au contraire un sentiment de réconfort. Cela me rappelle que « être seul » n’est pas forcément synonyme de solitude.

J’espère que cette image incitera aussi les spectateurs à s’arrêter un instant. Non pas pour chercher une réponse, mais pour observer calmement et découvrir la beauté des « instants silencieux » que l’on aurait tendance à ignorer.

À ceux qui hésitent à participer au photo poster project

À tous les créateurs qui hésitent à participer : même si vous avez des doutes, osez franchir le pas. J’ai moi-même hésité au début, me demandant si mes œuvres étaient « prêtes » à être montrées. Mais ce que j’ai découvert, ce n’était ni la pression ni la compétition, mais un espace fondé sur la sincérité, l’ouverture et une curiosité authentique.

La création peut parfois sembler très solitaire, surtout lorsque la plupart des échanges se font en ligne. Bien sûr, le numérique permet de créer des liens, mais rien ne remplace l’expérience de rencontrer les autres, de voir leurs expressions, d’entendre leurs voix et de saisir l’intention derrière chaque œuvre. Cette exposition m’a rappelé combien un « espace physique » peut rendre les liens créatifs authentiques.

En participant, j’ai appris à prendre du recul sur mes propres images. Écouter d’autres créateurs parler de leurs œuvres a élargi ma façon de voir la photographie, de percevoir les récits, et même d’aborder mon propre processus créatif. Pour moi, de nature introvertie, cela a été un défi positif.

Si vous souhaitez partager vos œuvres sans pression, apprendre des autres et évoluer au sein d’une communauté bienveillante, cette exposition est faite pour vous. Grandir commence peut-être simplement par « y aller » et « se tenir là ».

photo poster project

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